Au cœur de Chiquibul Cave System…La Grotte la plus longue d’Amérique Centrale
Le spéléologue James se glisse dans les eaux verdâtres du gouffre de Tunkul, un passage souterrain immergé à l’intérieur de la grotte, à 150 m au-dessous de la forêt tropicale. Il porte des lampes, deux bouteilles de plongée, et déroule une fine corde blanche qui lui permettra de retrouver son chemin.

En ce 30 avril 1999, ma sixième expédition dans le réseau des grottes de Chiquibul commence. Cette fois –ci, nous allons pratiquer des prélèvements géologiques pour estimer l’âge des cavernes.
Nous espérons savoir, grâce à cette plongée, si les grottes de Cebada et de Tunkul communiquent entre elles. Une heure et demie s’est écoulées lorsque des bulles frisent enfin la surface de l’eau. Brown s’extrait avec ses 50 Kg de matériel, pataugeant dans la vase jusqu’aux genoux. Après une plongée de 60 m, nous dit il, il a émergé dans une grande galerie qui mesurait jusqu’à 50 m de large. Nous avons enfin la réponse. La grotte de Tunkul communique avec celle de Cebada par l’ouest. Elles forment une cavité de près de40 Km seulement pour sa partie déjà répertorié, de loin la plus longue de l’Amérique Centrale.
Cette liaison entre les deux grottes nous permet de poursuivre la reconstitution du puzzle formé par Kabal, Tunkul, Cebada et Xibalda, quatre grottes reliées par des voies d’eau et creusées par la rivière Chiquibul, à la frontière du Belize et du Guatemala.






En 1984, Chas Yonge et moi explorions Tunkul pour la première fois. Lors de divers passages dans la grotte, nous avions découvert un espace si profond que nos lampes n’étaient pas assez puissantes pour éclairer son plafond et ses parois. Nous étions comme dans une nuit sans ciel. Appelée « La salle de Belize », cette cavité forme sur notre carte une énorme excroissance. Mesurant presque 500m de long sur200m de large, elle est la plus grande jamais découverte dans le monde occidental.
Les entrailles du monstre…Remontant le courant à travers les galeries de Cebada, Stan Allison, John Wyeth, Gosia Roehmer et l’auteur transportent du matériel de plongée le long du tronçon de 2 km allant du camp 2 au gouffre de l’anguille. De tels treks à travers Cebada ne sont possibles qu’a la saison sèche, une crue soudaine pendant la saison humide risquerait d’emprisonner les chercheurs de même qu’a la saison sèche, le courant reste fort. Cachées sous l’eau, les pierres aux arêtes tranchantes comme des rasoirs ont laissé à de nombreux spéléologues quelques cicatrices en souvenir de leur expédition.
Allison, Wieth et Roehmer appartiennent à l’équipe d’assitance.Roehmer vient de Pologne et Wieth d’Indonésie. Ils ont aidé à dresser les camps souterrains et à transporter du matériel de plongée et des bouteilles d’oxygène. Il a fallu parfois descendre l’équipement le long de puits verticaux à l’aide de cordes, avant de le laisser suivre le courant sur des chambres à air gonflées. D’autres membres de l’équipe, Pete Shifflet et Jim Locascio, ont mis au point de puissantes lampes frontales à diodes électroluminescentes. La plongée dans le gouffre de Tunkul, première descente aquatique jamais réalisée dans le réseau de Chiquibul, avait des allures surréalistes. Pour Miller, entrer dans l’eau froide de la fosse revenait à sortir dans l’espace extra-atmosphérique, où tout est en apesanteur, sombre et inconnu…
Retour à la lumière…La lumière du jour inonde un lac près de l’entrée Zactun de la grotte Xibalba « monde souterrain en maya ».Ces colonnes, qui se sont formes en 170 000 ans, subissent des crues annuelles qui peuvent faire monter le niveau de la rivière Chiquibul de plus de 20 m.les flots surabondants traversent Xibalba, avant de déboucher de la grotte en une série de rapides, au pied d’une gorge guatémaltèque. Tout comme Kabal à l’est, ces grottes, situées à l’extrême ouest du site, abritent l’une des galeries souterraines les plus grandes du monde. Des caractéristiques aussi surprenantes que des salles voutées, des boyaux étroits et des trous d’eau leur confèrent leur magie. L’Equipe de Thomas Miller estime avoir exploré toutes les zones comportant de l’air. Il reste à trouver les liaisons souterraines immergées, situées entre Kabal et Cebada.
Voilà ce que ces hommes vont tenter de faire au cours des prochaines années.
National Geographic/avril 2000
Expedition photographer Stephen Alvarez…
Works on what he calls « the raw edges of the frontier. » « I feel a need to go to the few places that haven’t been cut down yet, » he says.
Alvarez has covered high-altitude archaeology in Peru, conservation in the road less jungles of Suriname, rain forest research in Costa Rica, and cave exploration in Borneo, Mexico, Belize, Papua New Guinea, Canada, and the United States.
His work at National Geographic began with an assignment, published in June 1996, that took him more than 20,000 feet (6,096 meters) up into the Peruvian Andes to photograph the discovery of a 500-year-old Inca mummy, the Ice Maiden. Next, he documented exploration of the caves of Sarawak, Borneo, in an effort to aid their conservation. In Belize, Alvarez covered an excruciating jungle expedition to map Chiquibul, the longest cave in Central America. He has also photographed an article that featured scientists working in a dangerous hydrogen sulfide cave in Mexico studying clues to the origins of life.
He photographed the expedition into Krubera, the world’s deepest cave, off the coast of the Black Sea. In Papua New Guinea, a dangerous underground survey and expedition took him through the white-water river caves of New Britain. He sailed with the Polynesian Voyaging Society aboard the Hokule’a as part of a story about human migration in the Pacific and photographed the moai of Easter Island under the Milky Way.
Alvarez documented the Maya and their religious rituals in Central America, and this work was exhibited at Visa Pour L’Image in Perpignan, France. He continues to work on a personal project documenting the cycle of violence on the Sudan/Uganda border.
Alvarez has been the recipient of awards from Communication Arts and Pictures of the Year International and a Banff Centre grant.
